Recharger à domicile est de loin le mode le moins cher, et l’écart avec les bornes publiques rapides est plus important que la plupart des automobilistes ne l’imaginent. Voici le calcul complet, avec les hypothèses posées.
Le calcul de base
Coût d’une recharge = énergie consommée (kWh) × prix du kWh (€)
Une voiture électrique consomme en usage réel 15 à 20 kWh aux 100 km : environ 15 en ville, 18 sur route, 22 sur autoroute à 130 km/h. Retenons 18 kWh/100 km, valeur représentative d’un usage mixte.
Sur un tarif heures creuses autour de 0,17 €/kWh, cela donne :
18 × 0,17 = environ 3,06 € aux 100 km
Un véhicule thermique consommant 6 L/100 km à 1,80 €/L revient à 10,80 € aux 100 km. L’économie est de l’ordre de 7,70 € aux 100 km, soit environ 920 € par an pour 12 000 km.
L’écart heures creuses / heures pleines
C’est le levier le plus rentable, et il ne coûte rien à activer.
| Heures pleines | Heures creuses | |
|---|---|---|
| Prix indicatif du kWh | ~0,23 € | ~0,17 € |
| Coût aux 100 km | ~4,14 € | ~3,06 € |
| Coût annuel (12 000 km) | ~497 € | ~367 € |
Économie : environ 130 € par an, pour la seule action de programmer la charge après 22 h. Sur un contrat avec un écart heures pleines / heures creuses plus marqué, l’écart dépasse 200 €.
Deux moyens d’y parvenir : la programmation dans le véhicule (la plupart des modèles récents savent le faire, gratuitement) ou la programmation dans la borne. Inutile de payer pour cette fonction dans la borne si votre voiture la propose déjà : c’est un doublon fréquent sur les devis.
Attention à un point pratique : vérifiez les plages horaires réelles de votre contrat. Elles varient selon les communes et ne correspondent pas toujours à l’intuition (certaines plages sont en milieu d’après-midi). Elles figurent sur votre facture.
Le coût réel selon le lieu de recharge
C’est ici que l’écart devient spectaculaire.
| Lieu de recharge | Prix indicatif du kWh | Coût aux 100 km |
|---|---|---|
| Domicile, heures creuses | ~0,17 € | ~3,06 € |
| Domicile, heures pleines | ~0,23 € | ~4,14 € |
| Borne publique lente (AC) | 0,30 à 0,45 € | 5,40 à 8,10 € |
| Borne rapide (DC 50 kW) | 0,45 à 0,60 € | 8,10 à 10,80 € |
| Borne ultra-rapide autoroute | 0,55 à 0,80 € | 9,90 à 14,40 € |
À retenir : une recharge sur autoroute peut coûter aussi cher, voire plus cher, qu’un plein d’essence. Le bénéfice économique du véhicule électrique repose entièrement sur la recharge à domicile. C’est l’argument central qui justifie l’investissement dans une installation privée pour qui roule quotidiennement.
Le coût des pertes
Un détail rarement mentionné qui pèse pourtant sur la facture : entre l’électricité qui entre dans la borne et celle qui entre réellement dans la batterie, il y a 8 à 15 % de pertes (conversion par le chargeur embarqué, gestion thermique de la batterie).
Sur 2 160 kWh annuels utiles, cela représente environ 200 kWh facturés en plus, soit 30 à 40 € par an. Les pertes sont proportionnellement plus élevées à faible puissance : recharger à 2,3 kW sur une prise domestique génère davantage de pertes qu’à 7,4 kW sur une borne, l’électronique fonctionnant plus longtemps pour la même énergie utile.
C’est un argument secondaire mais réel en faveur d’une borne face à une prise domestique.
Amortir l’installation
Reprenons les ordres de grandeur. Une borne 7,4 kW posée revient à 1 200 à 2 000 €. Face à quelles économies ?
Contre une recharge exclusivement sur bornes publiques (0,40 €/kWh en moyenne) : l’économie atteint environ 500 € par an pour 12 000 km. Amortissement en trois à quatre ans.
Contre une prise domestique existante : l’économie se limite aux pertes moindres et au confort. L’amortissement financier est long ; la justification est ici la sécurité, pas le budget.
Contre une prise renforcée : l’écart de coût de recharge est marginal. Le choix se fait sur la vitesse et le pilotage, comme détaillé dans notre comparatif prise renforcée / borne.
Trois leviers pour réduire encore la facture
1. Programmez systématiquement en heures creuses. Environ 130 € par an, gratuit si votre voiture sait le faire.
2. Limitez la charge à 80 % au quotidien. Les derniers pourcents sont les plus lents et les moins efficaces énergétiquement, et cela préserve la batterie. Ne montez à 100 % qu’avant un long trajet.
3. Si vous avez du photovoltaïque, pilotez la charge sur le surplus. À condition que la voiture soit présente en journée, sinon le dispositif ne sert à rien. Voir notre guide sur le couplage solaire.
Un quatrième levier existe mais mérite prudence : les offres tarifaires spécifiques véhicule électrique proposées par certains fournisseurs. Elles offrent des heures très bon marché la nuit, mais souvent en contrepartie d’un tarif plus élevé le reste du temps. Elles ne sont intéressantes que si la recharge représente une part importante de votre consommation totale. Faites le calcul sur votre consommation annuelle réelle avant de basculer.
Pour dimensionner votre installation, consultez notre guide de choix en 4 questions et le détail des prix d’installation. Puis comparez les devis d’installateurs qualifiés IRVE près de chez vous.