Le paysage des aides à la recharge a changé en profondeur au 1er janvier 2026. Une aide majeure a disparu, une autre a été fortement revalorisée. Beaucoup de contenus en ligne (et de commerciaux) n’ont pas été mis à jour : voici l’état réel des dispositifs.

Le crédit d’impôt est terminé

Le crédit d’impôt pour borne de recharge (CIBRE) a pris fin au 31 décembre 2025 et n’a pas été reconduit dans le budget 2026, malgré la mobilisation de la filière pour le sauver. Il couvrait 75 % de la dépense, plafonnée à 500 € par système de charge pilotable.

Une seule exception subsiste : si votre borne a été installée et payée avant le 31 décembre 2025, vous pouvez encore la déclarer. Les deux conditions sont cumulatives, et c’est la date de paiement de la facture qui fait foi, pas la date de commande ni celle du devis.

Conséquence pratique pour une installation en 2026 en maison individuelle : il ne reste que la TVA réduite et, le cas échéant, une aide locale. Si un installateur vous annonce un crédit d’impôt de 300 ou 500 € sur un devis 2026, c’est une erreur ou un argument de vente périmé. Demandez-lui de le retirer du calcul du reste à charge.

La TVA à 5,5 % : l’aide qui reste, et qu’on oublie

C’est aujourd’hui le principal levier en maison individuelle. L’installation d’une borne de recharge bénéficie du taux réduit de TVA à 5,5 % au lieu de 20 %.

Trois précisions qui changent tout :

  • Elle s’applique aux résidences principales comme secondaires, y compris en résidentiel collectif.
  • La condition d’ancienneté du logement de deux ans a été supprimée en 2023. Un logement neuf y a droit.
  • Elle suppose une facture unique couvrant le matériel et la pose, établie par un installateur qualifié IRVE respectant la norme NF C 15-100.

Ce dernier point est décisif : si vous achetez la borne vous-même en ligne et ne faites facturer que la pose, vous perdez le taux réduit sur le matériel, c’est-à-dire sur la plus grosse part. Sur un chantier à 1 600 €, l’écart entre 5,5 % et 20 % représente environ 220 €.

Vérifiez le taux appliqué ligne par ligne sur le devis. L’application erronée du taux à 20 % est fréquente, notamment chez les installateurs qui traitent peu de particuliers.

La prime ADVENIR : revalorisée, mais pas pour les maisons

Le programme ADVENIR, financé par les certificats d’économies d’énergie, a fortement augmenté ses montants au 1er avril 2026 pour le résidentiel collectif :

Type de projet (copropriété)Prime 2026Ancien montant
Borne individuelle sur place privativejusqu’à 1 000 € HT600 € HT
Borne partagéejusqu’à 1 660 € HT
Infrastructure collectivejusqu’à 12 500 € HT8 000 € HT
Surprime travaux VRD extérieursjusqu’à 8 000 € HT(nouveauté)

Attention à la condition de date : cette revalorisation ne concerne que les projets votés en assemblée générale à partir du 1er avril 2026, le procès-verbal faisant foi pour l’infrastructure collective et la borne partagée. Un projet voté en mars 2026 relève des anciens barèmes.

Point d’honnêteté : en maison individuelle, la prime ADVENIR ne s’applique pas. Elle cible le résidentiel collectif, les flottes d’entreprise et les parkings ouverts au public. Aucun montage ne permet de la capter pour un pavillon avec garage, contrairement à ce que suggèrent certains démarchages.

Les aides locales : le gisement négligé

C’est aujourd’hui le complément le plus intéressant, et le moins connu. Plusieurs régions, départements et métropoles versent leur propre prime à l’installation d’une borne à domicile, généralement de 200 à 500 €, parfois davantage pour les ménages modestes.

Ces dispositifs changent souvent et ne sont presque jamais mentionnés par les installateurs nationaux. Deux réflexes avant de signer :

  1. Consultez le site de votre région, de votre département et de votre intercommunalité (rubrique mobilité ou transition énergétique).
  2. Vérifiez auprès de France Rénov’ (service public gratuit), qui recense les aides locales par code postal.

La plupart de ces primes sont cumulables avec la TVA réduite, mais exigent que le dossier soit déposé avant le début des travaux. Un devis signé et des travaux démarrés vous font perdre l’éligibilité : c’est l’erreur la plus courante.

Cas particulier : la copropriété et le droit à la prise

Si vous êtes en copropriété, l’équation financière est bien plus favorable qu’en maison, précisément grâce à ADVENIR. Deux voies :

  • Installation individuelle sur votre place au titre du droit à la prise : à vos frais, avec une prime pouvant atteindre 1 000 € HT.
  • Infrastructure collective votée en AG : la copropriété fait poser une colonne électrique dédiée que chaque copropriétaire pourra ensuite raccorder. Prime jusqu’à 12 500 € HT, plus la surprime VRD si des travaux extérieurs sont nécessaires.

La seconde option coûte plus cher au départ mais divise fortement le coût individuel des raccordements ultérieurs. Notre guide sur la copropriété détaille la procédure et les délais.

Ce qu’il faut retenir pour votre budget

Pour une borne 7,4 kW en maison individuelle facturée 1 600 € TTC en 2026 :

  • TVA à 5,5 % au lieu de 20 % : environ 220 € économisés (déjà intégrés au prix TTC du devis)
  • Crédit d’impôt : 0 € (supprimé)
  • Prime ADVENIR : 0 € (non éligible)
  • Aide locale éventuelle : 0 à 500 € selon votre collectivité

Reste à charge réaliste : 1 100 à 1 600 €. Les affichages « à partir de 600 € » que l’on voit encore reposent presque toujours sur des aides qui n’existent plus.

Pour la ventilation détaillée du devis, voyez notre guide des prix. Ensuite, comparez plusieurs installateurs qualifiés IRVE : sur un même chantier, l’écart entre devis dépasse souvent le montant de toutes les aides réunies.