Comprendre ce que fait l’électricien permet de lire un devis, de repérer un poste manquant et de comprendre pourquoi deux propositions écartées de 600 € ne décrivent pas le même travail.

Le détail complet du déroulé figure dans notre guide de l’installation étape par étape. Pour la ventilation des coûts, voyez le guide des prix, puis comparez trois devis d’installateurs près de chez vous.

Combien de temps dure l'installation d'une borne de recharge ?

Trois à cinq heures pour une installation standard : pose de la borne, création du circuit dédié, ajout de la protection différentielle, raccordement, tests et mise en service. Une demi-journée suffit dans le cas favorable (garage attenant, tableau proche). Comptez une à deux journées si une tranchée est nécessaire.

Faut-il obligatoirement un électricien qualifié IRVE ?

Oui, au-delà de 3,7 kW : c'est une obligation réglementaire (décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017). La qualification est délivrée par Qualifelec ou l'AFNOR. Sans elle, vous perdez la TVA à 5,5 %, la prime ADVENIR en copropriété, et votre assureur peut refuser sa garantie. Demandez systématiquement l'attestation lors du devis : tout professionnel qualifié la fournit sans difficulté.

Qu'est-ce qu'un circuit dédié et pourquoi est-il obligatoire ?

La borne doit disposer de son propre départ depuis le tableau électrique, jamais partagé avec l'éclairage du garage ou une autre prise. La norme NF C 15-100 l'impose pour une raison simple : une borne tire son courant nominal en continu pendant plusieurs heures, un régime qu'aucun circuit polyvalent n'est dimensionné pour supporter.

Quelle protection différentielle faut-il pour une borne ?

C'est le point technique le plus important, et celui que les devis bon marché escamotent. Une borne peut générer des courants de défaut continus, invisibles pour un différentiel type AC classique. Il faut soit un type A associé à une détection de courant continu résiduel (DDR-DC 6 mA), souvent intégrée à la borne, soit un type B (150 à 250 €). Vérifiez que cette ligne figure explicitement sur le devis.

Quelle section de câble faut-il ?

Pour une borne 7,4 kW sur moins de 20 mètres : 6 mm². Pour 3,7 kW : 2,5 mm². Au-delà de 20 à 25 mètres, la chute de tension impose de monter d'un cran, parfois deux (jusqu'à 10 mm²). C'est la raison technique pour laquelle la distance au tableau pèse autant sur le prix : le câble en 10 mm² coûte environ trois fois le prix du 2,5 mm² au mètre.

Faut-il déclarer l'installation à Enedis ?

Pas pour une installation domestique en monophasé jusqu'à 7,4 kW : vous restez dans les limites de votre contrat. Une démarche devient nécessaire si l'installation impose d'augmenter la puissance souscrite ou de passer en triphasé (500 à 1 500 €, plusieurs semaines de délai). C'est l'installateur qui monte le dossier, mais le délai vous concerne : anticipez.

Le Consuel est-il obligatoire pour une borne ?

Non, pas pour l'ajout d'une borne sur une installation existante déjà en service. L'attestation de conformité Consuel devient nécessaire en cas de modification substantielle : création d'un nouveau branchement, passage en triphasé, mise en place d'un compteur dédié en copropriété. Si un installateur vous facture un Consuel pour un simple ajout sur tableau existant, demandez-lui de justifier.

À quelle hauteur et où installer la borne ?

Entre 90 cm et 1,20 m du sol, à l'abri des chocs de portières et hors zone de ruissellement. En extérieur, un indice de protection IP54 minimum est requis, IP65 recommandé en exposition directe à la pluie. Pensez aussi à la longueur du câble par rapport à l'emplacement de la trappe de charge de votre véhicule, et à un éventuel second véhicule futur.

Mon tableau électrique est-il compatible ?

Il doit disposer de place pour un disjoncteur et un différentiel dédiés. Un tableau saturé impose un tableau divisionnaire, soit 150 à 400 € supplémentaires. C'est l'un des quatre points que l'électricien vérifie lors de la visite technique, avec la puissance souscrite, le trajet du câble et la qualité de la prise de terre.

Peut-on installer une borne en extérieur, sans garage ?

Oui, c'est courant. Deux contraintes s'ajoutent : un indice de protection IP54 minimum (IP65 conseillé) et le cheminement du câble, qui impose souvent une tranchée. C'est ce dernier poste qui fait grimper la facture : 300 à 800 € selon la longueur, la nature du sol et la remise en état. Un support sur pied (borne sur pied) ajoute 200 à 400 €.