Le dimensionnement d’une borne se joue sur un chiffre que beaucoup d’acheteurs ignorent : la puissance du chargeur embarqué de leur propre véhicule. C’est lui, et non la borne, qui fixe la vitesse maximale de recharge à domicile.
Notre méthode de choix en 4 questions détaille l’arbitrage complet, et le guide des temps de charge donne les durées réelles par puissance et par taille de batterie. Pour valider la faisabilité sur votre installation, consultez un électricien qualifié IRVE.
Quelle puissance de borne choisir pour une maison ?
Dans environ huit cas sur dix, une borne 7,4 kW monophasée est le bon choix. Elle récupère environ 35 km d'autonomie par heure, soit 350 km en une nuit, ce qui couvre largement tout usage quotidien. Le passage à 11 ou 22 kW n'apporte un gain réel que si vous roulez plus de 150 km par jour, partagez la borne entre deux véhicules, ou devez recharger sur des créneaux courts en journée.
Une borne 22 kW recharge-t-elle ma voiture plus vite ?
Pas forcément, et c'est l'erreur la plus coûteuse. La vitesse de charge à domicile est limitée par le chargeur embarqué de votre véhicule, pas par la borne. La plupart des voitures vendues en France plafonnent à 7,4 ou 11 kW en courant alternatif. Sur une borne 22 kW, elles chargeront exactement à leur limite. Vérifiez la ligne « puissance de charge AC » de la fiche technique de votre modèle avant de payer pour du triphasé.
Comment savoir si je suis en monophasé ou en triphasé ?
Regardez votre compteur ou votre facture d'électricité. La grande majorité des logements français sont en monophasé (abonnement 6, 9 ou 12 kVA), ce qui limite la borne à 7,4 kW. En triphasé, vous pouvez monter à 11 ou 22 kW. En cas de doute, un électricien identifie cela en quelques secondes lors de la visite technique.
Faut-il passer en triphasé pour installer une borne ?
Presque jamais. L'opération Enedis coûte 500 à 1 500 €, prend plusieurs semaines et augmente l'abonnement annuel. Elle n'apporte rien si votre chargeur embarqué plafonne à 7,4 kW, ce qui est le cas le plus fréquent. C'est le poste sur lequel se font les plus grosses dépenses inutiles. Ne l'envisagez que si votre véhicule accepte réellement 11 ou 22 kW et que vous en avez l'usage.
Ma borne va-t-elle faire disjoncter mon installation ?
C'est un risque réel avec un abonnement 6 ou 9 kVA : une borne 7,4 kW consomme à elle seule presque autant que tout le reste du logement. La solution est la modulation dynamique de puissance : un capteur posé sur l'arrivée générale permet à la borne d'ajuster sa puissance en temps réel selon la consommation de la maison. Surcoût de 100 à 200 €, c'est l'option la plus rentable de toutes. À défaut, programmez la charge la nuit.
Quelle est la différence entre 7,4 kW et 11 kW ?
7,4 kW correspond à 32 A en monophasé ; 11 kW à 16 A par phase en triphasé. En temps de charge, l'écart est modeste : pour une batterie de 50 kWh rechargée de 20 à 80 %, comptez environ 4 heures en 7,4 kW contre 2 h 45 en 11 kW. Si vous êtes déjà en triphasé et que votre voiture accepte 11 kW, prenez 11 kW : le surcoût est faible. Sinon, restez en 7,4 kW.
Quelles options valent vraiment leur surcoût ?
Par ordre d'utilité réelle : la modulation dynamique (indispensable avec un petit abonnement, 100 à 200 €), la programmation horaire (très utile, mais souvent déjà présente dans le véhicule, attention au doublon), le pilotage sur surplus photovoltaïque (seulement si vous avez des panneaux et que la voiture est là en journée). L'application mobile est agréable mais rarement décisive à domicile ; le câble attaché est confortable mais vous enferme dans un type de connecteur.
Câble attaché ou prise Type 2 ?
Le câble attaché évite de sortir le câble du coffre à chaque recharge, mais il coûte 100 à 150 € de plus, s'abîme aux UV en extérieur et vous lie à un type de connecteur. Une borne avec prise Type 2 et un bon câble mobile reste plus polyvalente, notamment si vous changez de véhicule ou si plusieurs voitures utilisent la borne.
Puis-je installer une borne moi-même ?
Non, pas au-delà de 3,7 kW : le décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017 impose une pose par un professionnel titulaire de la qualification IRVE. Au-delà de l'obligation, une auto-installation vous prive de la TVA à 5,5 %, de la prime ADVENIR, et votre assureur peut refuser sa garantie en cas de sinistre. Une borne tire son courant nominal pendant des heures d'affilée : ce n'est pas comparable à l'ajout d'une prise.